Thème Emploi 

L'apprentissage, voie d'excellence

Le 16/07/19 - Caisses régionales

L’apprentissage, plus court chemin vers l’emploi pour les jeunes 

Combinant formation et travail en entreprise, l’apprentissage permet chaque année à des milliers de jeunes de commencer à tracer leur avenir professionnel. Le dispositif a récemment été revu par le gouvernement afin d’inciter plus de jeunes à se tourner vers cette voie professionnelle. Le Crédit Agricole, pionnier dans ce domaine, se mobilise pour y contribuer.

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L'apprentissage est une voie de formation qui convient à de nombreux jeunes quel que soit le métier. © IStock

Chaque jour, ils sont près de 400 000 jeunes à se rendre en cours dans une école ou un Centre de formation d’apprentis (CFA) ou chez leur employeur pour une journée de travail. Le nombre impressionne mais rapporté à la classe d’âge 16-25 ans, il ne représente que 7 %.

La Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018, dite loi Avenir professionnel, veut valoriser l'apprentissage grâce à de nouvelles mesures entrées en vigueur le 1er janvier 2019. Durée d’apprentissage revue à la baisse (entre six mois et trois ans), hausse de la limite d’âge à 29 ans, assouplissement de la durée de travail des apprentis, rupture unilatérale du contrat rendue possible à l’initiative de l’employeur comme du jeune…

6 000 alternants au Crédit Agricole à l’horizon 2022

« L’apprentissage a beaucoup d’atouts, pointe Murielle Anweiler, directrice du département Études et Développement ressources humaines à la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA). Elle se félicite que le législateur veuille relancer ce dispositif dont le groupe s’est saisi il y a bien longtemps : l’Institut de formation du Crédit Agricole a ouvert le premier centre de formation d’apprentis de la profession bancaire en 1991 ! « En combinant formation et pratique, il aide les jeunes à monter en compétences. Ils peuvent décrocher des diplômes Bac + 5, apprendre un métier sur le terrain, être accompagnés par des tuteurs qualifiés, tout en étant rémunérés ! »

Récemment, la FNCA a mené un diagnostic auprès des Caisses régionales de Crédit Agricole. « Fin 2018, nous comptions 2 400 alternants, analyse Murielle Anweiller. Les autres entités du groupe en accueillent globalement 1 600. Cela représente 3,2 % de l’effectif global du groupe. Pour réussir notre Projet 6 000 (6 000 alternants au Crédit Agricole d’ici à 2022), nous allons faciliter et améliorer la détection des alternants potentiels, augmenter le taux de transformation en contrat à durée indéterminée (CDI) grâce à une meilleure expérience au sein du Crédit Agricole, et développer notre stratégie partenariale avec les écoles tout en peaufinant notre projet de CFA entreprise. »

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 Fin 2018, les Caisses régionales comptaient 2 400 alternants. © IStock

Recherche et fidélisation de nouveaux talents

Hervé Varillon est, lui aussi, convaincu que la clé de la réussite de la « mission apprentissage » réside dans cette triple stratégie : « L’alternance est aujourd’hui pour nous une source importante en matière de recrutement, confirme le directeur général adjoint du Crédit Agricole d’Ile-de-France, également membre du comité de pilotage alternants à la FNCA. Il y a aujourd’hui une vraie guerre des talents en Île-de-France, notamment dans le secteur bancaire. Notre besoin de recrutement oscille entre 300 et 350 personnes par an : l’apprentissage est indéniablement une carte à jouer. »

Frédéric Dutertre, responsable du développement des compétences au Crédit Agricole d’Ile-de-France, insiste de son côté sur la nécessité « d’adapter l’offre de formation pour mieux accompagner la diversité accrue des alternants. Des partenariats avec des acteurs de la formation doivent permettre de coconstruire avec eux des parcours qui durent trois ou six mois ; il s’agit d’intéresser des populations différentes, et de leur faire vivre des expériences qui leur importent parfois plus qu’un diplôme. »

Un opérateur de compétences pour développer l’ingénierie de formation

Autre levier d’action pour le Crédit Agricole, Ocapiat, l’opérateur de compétence (Opco agréé depuis le 1er avril 2019) auquel adhère le Crédit Agricole. Les Opco ont notamment pour missions de financer l’apprentissage, d’aider les branches professionnelles à construire les certifications professionnelles et d’accompagner les PME dans la définition de leurs besoins en formation et en développement des compétences des actifs.

« Nous avons commencé à travailler avec la FNCA sur la définition des coûts contrats d’apprentissage, explique François Bizais, directeur général adjoint de la Direction des Politiques de Branche au sein d’Ocapiat. Nous allons être les gestionnaires des dossiers des contrats d’apprentissage, tout en venant en appui en ingénierie de formation. Notre objectif est de contribuer à renforcer l’efficience de l’alternance. »

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 Claudia Ledda, alternante depuis trois ans au Crédit Agricole d’Ile-de-France. © CA d'Île-de-France.

Une première rencontre déterminante

Pour Claudia Ledda, alternante depuis trois ans au Crédit Agricole d’Ile-de-France, la connexion avec la banque s’est faite via le coordinateur pédagogique du CFA Descartes à Marne-la-Vallée, où elle souhaitait préparer une licence en banque et assurance. « J’ai choisi d’aller au Crédit Agricole car je me retrouvais davantage dans les valeurs de mutualisme défendues par la banque. Et puis, j’ai aussi découvert une entreprise dynamique, qui parlait plutôt bien à la jeune de 19 ans que j’étais alors. En plus, ils ont été très réactifs pour la signature de mon contrat, et j’ai su très rapidement dans quelle agence j’allais être affectée. »

Claudia terminera son contrat fin septembre 2019, avec un Master école de commerce spécialisé dans la banque en poche. « J’ai eu la chance d’avoir des tuteurs très impliqués : c’est certainement une des conditions de réussite du parcours de l’alternant dans l’entreprise. Et si l’apprenti a un réel intérêt pour l’entreprise pour laquelle il travaille, c’est encore mieux ! » A partir du 1er octobre, la jeune femme commencera un CDI de conseillère des professionnels à l’agence de Villepinte (Seine-Saint-Denis).

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 Laura Cuny, alternante depuis 2016 au Crédit Agricole de Lorraine. © CA de Lorraine.

Le tuteur, référent incontournable dans l’entreprise

Au Crédit Agricole de Lorraine, Laura Cuny, alternante au CFA Difcam depuis 2016, a demandé il y a un an à se spécialiser sur la filière agricole. « J’ai fait une première année en préparant une licence commerce option banque. J’ai ensuite eu mon Master 1, comme conseiller crédit et financier. Issue d’une famille d’agriculteurs, je voulais travailler avec cette clientèle avec laquelle j’ai un bon feeling. » Laura a passé 2019 sur les routes avec sa tutrice, une conseillère agricole, qu’elle voit comme un véritable mentor. « Elle m’a beaucoup apporté, j’ai appris une bonne partie du métier à ses côtés. »

Côté tuteur aussi, on apprécie cette relation tissée avec l’alternant. « Les aider à grandir est quelque chose qui me passionne, sourit Vincent Lucas, directeur d’agence au centre de relation client du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor. J’essaie de les accompagner dans la recherche de leur propre façon de faire et dans l’affirmation d’un savoir-être. »

Des collaborateurs particulièrement suivis

Vincent Lucas compte onze apprentis dans son équipe. « Je les considère comme des collaborateurs à part entière. Je fais en sorte de les intégrer et de leur donner des responsabilités comme à n’importe quel collaborateur, à la mesure de leurs compétences. Ils passent un mois en entreprise et un mois à l’IUT de Saint-Brieuc ou de Quimper. A chaque retour chez nous, j’ai un entretien avec eux, afin de les remettre doucement dans le bain. »

Vincent Lucas enseigne lui-même à l’IUT de Quimper : un poste d’observation privilégié pour détecter de futurs talents ! « Mais cela ne suffit pas. Notre service RH nous accompagne pour organiser des jobs dating ou encore participer à des forums des métiers. »

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Louis Deldicque, alternant analyste d’affaires au Crédit Agricole Nord de France. © CA Nord de France.

Un véritable tremplin pour l’emploi

Un moyen de découvrir un ou plusieurs métiers : c’est bien l’une des forces de l’alternance, comme le constate aussi Louis Deldicque, alternant au CFA Difcam et analyste d’affaires au Crédit Agricole Nord de France. « J’ai d’abord fait un stage de trois mois au financement de l’agriculture en 2017 avec les experts crédits de l’agence d’Arras. Je voulais confirmer mon intérêt pour la finance et le marché des entreprises. Après un job d’été de deux mois au service de la promotion immobilière, j’ai commencé en septembre 2018 au service Grandes Entreprises. » L’expérience va se prolonger car Louis s’est vu proposer un CDI.

« Je vois l’apprentissage comme un observatoire idéal de l’entreprise et de ses métiers, ainsi que comme un tremplin pour l’emploi. J’ai beaucoup appris, on m’a confié des responsabilités, j’ai pu faire mes preuves. Tout cela compte dans un début de carrière, quelle que soit la suite que prendra son aventure professionnelle. »

 

En lien avec ce dossier, découvrez l’interview de Denis Faure, directeur général de Difcam.

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