Caisses régionales | Thème Agriculture 
Le 04/02/19

Agriculture, un métier de femmes 

« Des femmes, des hommes, des talents », c’est le thème du Salon international de l’agriculture 2019. Les agricultrices, femmes de tête et de talents, sont également à l’honneur, sur notre site, à travers une galerie de portraits garantis sans retouche.

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La profession agricole se féminise. © IStock.

Les femmes seraient plus de 508 000 en agriculture : 111 000 cheffes d’exploitation ou d’entreprise agricole - soit 24 % des chefs -, 25 000 collaboratrices d’exploitation, 372 000 salariées*.

Combien étaient-elles en 1964, lors du premier Salon de l’agriculture ? Officiellement quasi aucune, puisqu’au début des années 60, le statut de la femme en agriculture était pour ainsi dire inexistant. « Sans profession », l’épouse « aidait » son mari agriculteur sur l’exploitation. Quant à s’installer en son nom, ça ne se faisait pas.

« Le mot "agricultrice" n’est apparu qu’en 1961 dans le Larousse. La conquête d’un statut et des droits sociaux afférents s’est faite durant le demi-siècle suivant, indique Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Ce syndicat agricole et les pionnières qui y étaient engagées ont porté ces combats, qui sont aujourd'hui menés par une nouvelle génération de militantes. » Il aura fallu attendre 2011 pour que la loi autorise le Groupement agricole d’exploitation en commun entre époux, et confère ainsi à l’épouse un statut égal à l’époux dans le groupement. Et si les jeunes femmes représentent désormais 47 % des effectifs de l’enseignement agricole, les agricultrices déclarent encore des revenus inférieurs de 30 % à ceux de leurs homologues masculins.

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Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles. © FNSEA

Un métier choisi

Plaider la cause des femmes en agriculture n’est donc pas obsolète. Même si les agricultrices sont bel et bien là, installées dans chaque filière, performantes, visionnaires, créatives… et reconnues pour telles. « Pour les femmes, l’agriculture est un choix, et elles ont une approche spécifique du métier. Elles montrent souvent une plus grande sensibilité environnementale et une plus grande ouverture aux nouveaux usages et aux attentes sociétales. Elles ont, par exemple, plus tendance à développer les circuits courts, les activités de diversification ou encore l'accueil à la ferme »,  explique Christiane Lambert. Qu’il s’agisse de développement, d’installation ou, encore, de transmission, les Caisses régionales de Crédit Agricole les accompagnent dans leurs projets.

* Enquête MSA publiée en 2018 sur données 2016.

Val de France - « Mon vœu : voir des jeunes prendre la suite »

Catherine Hubert-ValdeFrance

Catherine Hubert, installée à Lorges, dans le Centre-Val de Loire, passera la main à 62 ans. © DR.

À 59 ans, Catherine Hubert est à la tête de deux exploitations céréalières, 124 hectares au total, en Centre-Val de Loire. « J’ai repris l’exploitation de mes grands-parents en 1979. Il y avait encore très peu de femmes cheffes d’exploitation. Mais du haut de mes 19 ans, j’étais sûre de mon choix. Et fière de montrer qu’une femme pouvait faire ce métier. » En 2000, Catherine reprend en plus l’exploitation de ses parents, distante de 20 kilomètres. Et cumule les engagements extérieurs, notamment à la Chambre d’agriculture, « parce que, dans un métier où l’isolement vient vite, il faut s’ouvrir sur l’extérieur. » La suite ? Elle l’anticipe, sachant qu’elle passera la main à 62 ans. Dans l’idéal, elle aimerait transmettre à son fils. Mais le projet du jeune homme, pour l’heure salarié agricole, n’est pas encore arrêté. « S’il fait un autre choix que l’exploitation familiale, je le soutiendrai. Donc je prends le temps de m’informer, et j’envisage toutes les pistes, y compris la cession à des tiers. Il faut trois ans, au minimum, pour bien préparer sa transmission. »

Aquitaine - « Monter un business plan, j’avais appris en école d’ingénieur »

Emilie Moureu-Aquitaine

Après un Bac S et des études en biologie, Emilie Moreu a souhaité se tourner vers l'agriculture bio. © DR

À la maison, Émilie Moreu et son frère sont encouragés par leur agriculteur de père à explorer des professions « hors-sol ». Émilie entame des études de santé. L’appel de la terre ? Elle plaque tout pour un BTS Agronomie et Production végétale, puis enchaîne avec une école d’ingénieur agronome. « Pendant ce cursus en apprentissage, j’ai travaillé dans une exploitation très avant-gardiste. Ses dirigeants ont, par exemple, été les premiers en France à installer une serre haute technologie, alimentée en cogénération, pour leurs tomates. Ils m’ont montré que notre métier devait être grand ouvert sur le monde. »

Un beau jour, l’occasion attendue se présente. Deux parcelles, en friche depuis près de vingt ans, vont permettre à la jeune femme de s’installer directement en bio, sans période de conversion. Le Crédit Agricole d’Aquitaine l’aide à identifier la meilleure solution de financement. La première parcelle est acquise en 2018. La deuxième le sera au bout de cinq ans, grâce au portage foncier de la Safer. Carottes, asperges et maïs doux peuvent pousser tranquilles…

Charente-Périgord - « J’ai trouvé ma place en lançant des projets. J’adore ça ! »

Sylvie-Dejos-Char-Perigord

Fille et petite-fille d'exploitants basés à Villeréal, dans le Lot-et-Garonne, Sylvie Dejos avait décidé depuis l'enfance de ne jamais devenir agricultrice... © DR

« Fille de producteurs de pruneaux, je m’étais promis de ne pas travailler en agriculture, confie Sylvie Dejos en riant. Et surtout pas en pruniculture ! » Résultat : elle épouse un agriculteur et, après quelques années de salariat dans l’industrie, s’associe à son mari en tant que… prunicultrice. « La vie de famille était plus simple si je restais travailler sur l’exploitation. Mais j’ai toujours eu besoin d’indépendance et d’ouverture. Alors petit à petit, j’ai créé des passerelles entre mon activité et l’extérieur. »

Sylvie devient administratrice à la Caisse locale du Crédit Agricole de Charente-Périgord. Et réfléchit au moyen de valoriser ses pruneaux mi-cuits. Elle commence par les marchés locaux. À partir de 1992, elle participe à la création puis à l’animation de trois boutiques de producteurs, parmi les premières du genre en France. En 2000, place à l’agrotourisme. « Je venais voir un lot de chaises à vendre dans un hôtel en liquidation, tout près de notre ferme. Finalement, nous avons acheté les murs pour en faire des gîtes. Le Crédit Agricole Charente-Périgord a su nous faire confiance et a financé 100 % du projet. » À présent, elle jure qu’elle va lever le pied. On y croit ?  

Sud-Méditerranée - « Transformation et vente à la ferme, pour moi c’était l'évidence »

CorinneParassols Sud-Med

Depuis 1999, Corinne Parassols élève, gave et transforme plus de 600 canards gras mulards chaque année. © DR

« Corinne Parassols élève, gave et transforme canards gras et autres produits fermiers », annonce le site du Gaec familial La Grange d’Eyne. Éleveuse dans les hauts cantons des Pyrénées Orientales, cuisinière en chef dans son atelier de transformation à la ferme, boutiquière, comptable, social manager aguerrie… Corinne est tout cela à la fois, avec passion. Et aussi conseillère municipale, élue à la Chambre d’agriculture, membre active du réseau Bienvenue à la ferme. « Mes parents étaient fonctionnaires mais moi, je ne me voyais pas évoluer hors du monde animal. En 1990, mon mari s’est installé en élevage bovin bio. J’ai emboité le pas en 1999, en mon nom pour ne pas être "la femme de" ». Le couple s’associe en Gaec en 2012. Leur fils et leur belle-fille les rejoignent en élevage porcin en 2018. Chacun sa spécialité, et les gourmets ne s’y trompent pas. Touristes, résidents secondaires et locaux viennent en effet en nombre faire le plein de produits frais, conserves, pâtés et plats cuisinés. « Accompagner ses produits jusqu’au consommateur, ça change tout. Le contact est formidable ! »

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