La mer : un trésor français

Le 18/07/18 - Caisses régionales

L'économie bleue, un puissant levier de développement 

La contribution économique mondiale des activités liées à la mer devrait doubler d’ici 2030. La France possède la deuxième zone économique exclusive maritime (ZEE) de la planète derrière les Etats-Unis, grâce en particulier à ses territoires d’Outre-mer. Elle est à portée de magnifiques potentiels à explorer et porte aussi la responsabilité d’un développement équilibré.

OutreMer
Les territoires d'outre-mer permettent à la France de s'élever au rang de deuxième pays du monde en termes de surface maritime.

L’économie bleue navigue au XXIe siècle entre activités historiques et émergentes. Les entrepreneurs de la mer battent le pavillon de l’artisanat comme celui de l’industrie. Le secteur historique rassemble les principales activités matures comme la construction navale, les activités portuaires et le transport maritime, la pêche, la transformation des produits, le nautisme, la plaisance, le tourisme balnéaire et les énergies fossiles. Dans les activités émergentes, on distingue des entreprises à fort potentiel autour, par exemple, des énergies maritimes renouvelables, des biotechnologies et de l’exploitation durable et raisonnée de ressources biologiques.  

En France, l’économie du monde maritime représente 14 % du PIB et 800 000 emplois. « La mer, pour notre pays, c’est à la fois une très longue histoire passée et l’avenir. Placée sous le signe de l’innovation et d’une croissance responsable, cette économie est un levier pour nos grands défis : emploi, sécurité alimentaire, changement climatique… », analyse Jean-Marie Malherbe, directeur général adjoint de la Fédération nationale du Crédit Agricole.

Atlante OK

Le navire de recherche pluridisciplinaire L'Atalante est destiné aux géosciences marines, à l'océanographie physique et à la biologie marine. © Ifremer.

À l’heure de l’économie bleue

Pour se saisir des enjeux maritimes dans toute leur complexité, le Crédit Agricole s’entoure d’experts : Cluster maritime français, Ifremer, pôles de compétitivité… À chaque domaine, sa feuille de route. Côté pêche, conchyliculture et ports, il s’agit d’accompagner les changements structurels. Pour soutenir la croissance du nautisme et celle de l’énergie, des solutions de financement originales s’imposent. Pour encourager les biotechnologies et l’innovation dans son ensemble, c’est de partenariats multiformes qu’il est question, notamment via l’écosystème des Villages by CA.

Quels moyens sur le terrain ? « Formation ! répond Philippe Coquil, responsable de la filière Mer au Crédit Agricole du Finistère, pour faire monter les conseillers en compétences. » Et, sur le modèle initié en Finistère et en Aquitaine, créer des filières Mer régionales, pivots de l’expertise, des offres dédiées et de l’accompagnement global des projets. Dans les mois à venir, chacune des vingt Caisses régionales littorales et ultramarines du Crédit Agricole devrait s’être dotée de sa propre filière. « Chez nous, cette organisation fait désormais référence pour les clients. » Et Jean-Marie Malherbe d’ajouter : « La mer est un domaine économique en devenir important pour les Caisses régionales concernées. »

Saint-Cyprien OK

Le port de plaisance de Saint-Cyprien. © IStock

Heureux comme un plaisancier en France

Le nautisme se porte bien. Serge Pallarès - directeur du port de Saint-Cyprien et président de la Fédération française des ports de plaisance - en atteste, citant neuf millions de plaisanciers familiers des ports bleu-blanc-rouge, servis par 5 000 entreprises. Les défis, pourtant, ne manquent pas. « La croissance soutenue du nautisme implique une transformation profonde du port de plaisance. De plateforme technique de stationnement, il devient un lieu de vie. Au-delà des aménagements nécessaires pour accueillir des bateaux plus longs, il s’agit de s’adapter aux nouveaux usages et attentes en termes de services. Le site portuaire doit aussi renforcer ses liens avec les territoires côtiers pour proposer des incursions culturelles qui feront de l’escale nautique une expérience unique. »

Pour rénover et innover, Serge Pallarès confirme la nécessité d’un solide accompagnement bancaire, tel qu’il le trouve auprès du Crédit Agricole Sud-Méditerranée. Aider à prendre les bonnes décisions, sécuriser les investisseurs, monter des partenariats financiers innovants… c’est un métier.

Armement à la pêche, les producteurs s’organisent

Face au péril de la délocalisation, point de fatalité, mais des projets à bâtir entre partenaires ancrés au littoral. C’est ce que nous dit la belle histoire de Scopale.

Voyant la capacité de flotte du port de Boulogne-sur-Mer menacée par la perte de navires, trois acteurs locaux fondent Scopale en 2015. Le groupe des Coopératives maritimes étaploises (CME) et Scapêche (premier armateur de pêche fraîche en France, détenu par Intermarché) ont chacun 40 % des parts. L’armateur boulonnais Le Garrec détient les 20 % restants.

Le principe ? Scopale achète des bateaux destinés à la vente à l’international, revend les coques nues, conserve licences et quotas pour les transférer sur des bateaux neufs. Les bateaux, construits en petite série afin d’optimiser les coûts, sont détenus à 70 % par Scopale et à 30 % par des artisans-pêcheurs. Trois bateaux issus de ce modèle sont déjà en activité et deux autres en chantier. « Le Crédit Agricole Nord de France, qui connaît nos enjeux, nous a permis d’entreprendre dans des conditions favorables », explique Éric Gosselin, président de Scopale.

Pecheur

Les marins-pêcheurs pratiquent l’alternance saisonnière entre sole, bar, merlu et rouget... © IStock.

16 700 marins-pêcheurs en France*… et lui

Malgré des revenus jugés insuffisants, 94 % des marins-pêcheurs sont fiers de leur métier**. Parmi eux, Walter Larrodé, installé depuis 2010 à Saint-Jean-de-Luz avec ses six salariés. Propriétaire d’un bateau fileyeur, le marin-pêcheur ne cache pas les difficultés rencontrées. « La réglementation est pesante. Déclarations de pêche, respect des 96 heures en mer, du maillage réglementaire, des zones de pêche… Au moindre écart, les sanctions tombent. » Malgré contrôles, quotas et fluctuations des prix, Walter Larrodé confie que « l’on s’en sort » en pratiquant l’alternance saisonnière entre sole, bar, merlu et rouget. Gestionnaire aguerri, il modernise son outil de travail en tenant ses comptes au garde-à-vous : achat d’un plus grand bateau, Le Sherpa, en 2014 (financé à 75 % par le Crédit Agricole d’Aquitaine), grosse remise à neuf de ce bateau en 2016, construction d’un bâtiment de stockage en 2018. « Demander 300 000 euros ou plus à son banquier, ce n’est pas rien. Mais comme il sait de quoi je parle, il me suit. »

Vogue l’innovation !

À la Renaissance, la mer inspire l’ancêtre du sous-marin au génial Léonard. Au XXIe siècle, riche d’incroyables secrets encore inexplorés, la mer renouvelle l’inspiration des créateurs. Exemple avec Alain Janet, serial entrepreneur des Alpes-Maritimes.

Dirigeant d’un chantier naval et d’une voilerie, c’est pour mieux répondre à ses clients qu’il met au point, avec ses équipes, des revêtements photovoltaïques flexibles. Devinant le potentiel de cette solution, il crée Solar Cloth System en 2014, et investit en R&D. Quatre ans plus tard, non seulement son produit équipe la fine fleur des voiliers « zéro émission », mais il trouve des applications bien au-delà de son marché d’origine : serres-tunnels solaires, drones, citernes souples, abris de survie…

« Avec Solar Cloth System, je n’ai pas ‘monté la pente’ tout seul. Le Crédit Agricole Provence Côte d’Azur m’a aidé lors d’une deuxième levée de fonds et m’a proposé d’intégrer le Village by CA Sofia Antipolis. Je n’avais pas besoin de locaux, mais j’ai trouvé intéressant d’être accompagné dans ma démarche d’innovation. Bien m’en a pris. Cet écosystème, complémentaire du pôle de compétitivité Pôle Mer Méditerranée qui me soutient également, est un formidable facilitateur. »

SolarClothSystem

La voile solaire de Solar Cloth System, vers le 100 % d'autonomie électrique à bord. © IStock.

* Observatoire des métiers et des qualifications à la pêche, données 2015.  

** Enquête Ipsos pour le Comité national des pêches, juin 2014.

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