Rencontre avec Marie Nghiem, maire du Village by CA Provence Côte d’Azur

Innovation

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Marie Nghiem, maire du Village by CA Provence Côte d’Azur
Marie Nghiem, maire du Village by CA Provence Côte d’Azur. DR.

Il y a un an, Marie Nghiem devenait maire du Village by CA Côte d’Azur, situé au cœur du Technopôle Sofia Antipolis. Elle y avait été recrutée comme start-up manager en 2018. Retour sur un parcours éclectique.

Commençons notre interview en évoquant quelques souvenirs. A quel métier rêviez-vous quand vous étiez enfant ?

Pendant longtemps, j’ai voulu être nez, j’étais passionnée par les parfums et les miniatures de parfum. Je m’amusais à les reconnaître. Ensuite, j’ai pensé à m’orienter vers la psychologie. Bref, rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui… (rires).

Et alors, pouvez-vous dire aujourd’hui que vous avez eu du nez ?

Du nez, je ne sais pas mais de l’intuition et de l’écoute oui surement. De façon assez anti naturelle, je me suis orientée vers un bac scientifique pour faire plaisir à mon père… Et le naturel justement m’a rattrapé puisque je l’ai décroché grâce aux matières littéraires. Ensuite, je suis entrée en classe prépa physique chimie sciences de l’ingénieur pour des raisons complètement émotionnelles : une prof de cette classe prépa était venue faire une présentation, je l’ai trouvée très humaine, sa personnalité a suscité l’envie de rejoindre son cours.  Malheureusement, sur d’autres aspects, cela été extrêmement laborieux mais je m’en suis sortie et j’ai intégré une école d’ingénieur dans le génie matériaux. Je pratique la guitare classique depuis l’âge de 7 ans. Je souhaitais faire un pont entre la musique et la technique en envisageant, pourquoi pas, de rejoindre un jour un laboratoire d’acoustique musicale ou la facture d’instrument. Pour marcher sur les pas de ma grand-mère paternelle sans doute qui était elle-même très manuelle.

Vous avez donc troqué le laboratoire olfactif pour l’acoustique ?

Oui, c’est un peu ça ! Je me suis envolée pour Bilbao pour réaliser un stage dans un laboratoire acoustique musical. Encore une fois, c’est le côté humain qui m’a intéressé alors, au risque de surprendre, je me suis plongée dans un projet d’étude de l’instrument folklorique basque.

Vous y avez trouvé votre voie ? Ou plutôt votre voix ?

Pas immédiatement (rires). J’ai cherché un stage avec une motivation plus géographique que professionnelle et j’ai atterri dans le spatial, chez Thales. Je n’imaginais pas à quel point cela teinterait mon CV pour la suite. Ma mission consistait à analyser les causes d’anomalies de décollement de peinture sur les satellites. Là encore, j’ai mené l’enquête de terrain, directement au labo pour comprendre le lien entre processus et réalité. C’est cela qui m’intéressait. J’ai été embauchée à la suite de ce stage et je suis restée quatre ans avant de partir pour de nouvelles aventures. J’ai monté Helioclim avec des collègues. L’idée : fabriquer des systèmes de climatisation chauffage solaire permettant de réduire la facture d’énergie dans le monde du bâtiment tertiaire et industriel.  En 2015, nous avons opéré une levée de fonds pour développer l’entreprise mais je ne m’y sentais pas à ma place humainement alors j’ai fini par quitter l’aventure.

C’est ce moment de la levée de fonds qui marque votre rencontre avec le Crédit Agricole ?

Oui car la Caisse régionale Provence Côte d’Azur a répondu favorablement à la levée de fonds. Et j’ai rencontré celui qui est devenu par la suite le premier maire du Village by CA PCA. Le jour où j’ai passé la porte du Village qui était alors encore en chantier, je me suis dit que c’était là que je voulais travailler. Ce fut une évidence pour moi, comme un signe fort. En 2017, le Village cherchait un start-up manager, j’ai postulé et après un processus de recrutement, j’ai rejoint le Village. Ce poste, c’était ma réunification : devoir créer un parcours pour des dirigeants de start-up, les accompagner sur le plan humain et des process, c’était tout ce qui m’intéressait. Six mois plus tard, je suis entrée en contact avec une société (Nereis) encore peu connue dans l’écosystème des start-up mais dont le dirigeant commençait à faire parler de lui pour sa méthode d’accompagnement des start-up et ses outils vraiment différents. J’ai commencé à travailler avec lui en 2018. Deux ans plus tard, nous signions un partenariat pour déployer sa méthode au sein du Village. Cela a bousculé complétement les habitudes. Nous avons donc imaginé un parcours devenu le corps d’accompagnement du Village, un véritable créateur de valeur. Depuis, quatre Villages l’ont déployé (La Réunion, Saint-Etienne, Besançon et Châteauroux).

« Je ne sais travailler qu’en mode collectif. (…) Nourrir la communauté c’est très important pour moi. »

C’est important pour vous d’avoir créé une émulation autour de ce parcours ?

Je ne sais que travailler collectif. Tout ce qui marche, je donne. Nourrir la communauté c’est très important pour moi. Ce parcours optionnel qui dure deux ans est accessible aux start-up qui souhaitent se transformer. Nous le facturons en plus du contrat de prestation de services classiques. Sa méthode, personnalisée et basée sur l’humain, est au cœur de trois objectifs : accélérer commercialement et identifier ses possibilités de croissance ; analyser grâce à des outils la mécanique décisionnaire chez le prospect/client ; construire une stratégie financière qui soit compatible avec ses propres enjeux.

En quoi est-elle différente cette méthode ? Est-elle en rupture avec les outils dont disposent les Villages ?

NEREIS est une méthode très opérationnelle dont les outils et la data ultra précise permettent d’accélérer le business et de le pérenniser. Elle consiste à aller recueillir de l’information afin de comprendre la mécanique décisionnaire chez le client/prospect/investisseurs/collaborateurs : de décrypter ses interlocuteurs. Cela permet d’avoir une data fiabilisée pour ensuite modéliser un plan opérationnel business avec des retombées immédiates. Les start-up qui souhaitent opérer une vraie transformation souscrivent à ce parcours qui dure deux ans.

Combien de start-up avez-vous vu passer depuis que vous êtes arrivée au Village ?

Depuis mon arrivée, 64. Nous les avons toutes accompagnées par rapport à leurs attentes et une vingtaine sont entrées dans ce parcours optionnel de transformation.

Au-delà de ce parcours, ça veut dire quoi être maire du Village by CA ? A quoi ressemble votre quotidien ?

Le maire en place est parti et j’ai pris sa suite le 1er mai 2022. Avant d’atteindre une certaine vitesse de croisière, il faut déjà connaître la vision de la direction de la Caisse régionale dont dépend le Village. Ce sont eux les vrais décisionnaires. Le job de maire n’est pas le même selon les attentes de la direction. On gère une filiale du Groupe, ce n’est pas neutre. J’ai conscience de l’importance de ma mission. Ma valeur ajoutée est basée sur des enjeux de conquête, de recherche de nouvelles start-up et de nouveaux partenaires ambassadeurs. J’ai mené un gros travail sur l’écosystème pour comprendre qui avait besoin de quoi et pour quoi faire. De plus, quand on est maire, on gère un bâtiment avec des habitants, avec des contrats de location, la gestion des travaux etc.

Quels sont les attentes des start-up ? Pourquoi font-elles le choix de postuler au Village by CA ?

On est en train de postuler à l’appel d’offre French Tech Tremplin et on en a profité pour questionner à nouveau les dirigeants du Village. Les réponses qui reviennent le plus souvent sont : l’accélération commerciale, la recherche de financement, la notoriété, le sérieux, l’accompagnement dans la durée, l’image positive du Village et aussi de la banque mutualiste. On commence aussi à être identifié pour notre parcours. Ce sont des dirigeants déjà aguerris qui nous intéressent. Chez nous, ils viennent chercher un truc costaud, un vrai parcours de transformation de l’entreprise qui passe par la transformation du dirigeant lui-même. Ils cherchent aussi de la visibilité, des mises en relation très qualifiées pour éviter de perdre du temps, une recherche de financements et de l’accélération business.

Depuis votre prise de fonction en 2018, avez-vous noté une accélération des sujets IA et data ?

Aujourd’hui, la data ça veut tout et rien dire. C’est la nouvelle ruée vers l’or mais ceux qui s’enrichissent vraiment ce sont les vendeurs de pelle et une pelle n’a jamais creusé un trou toute seul. Il faut revenir à la racine de ce que l’on fait. La data oui, c’est bien mais pour quoi faire ? Il faut toujours se poser la question de son exploitation. Agréger des données c’est super, mais il ne faut pas perdre le fil de ce que l’on fait et de la vraie création de valeur associée. Nos start-up qui travaillent sur l’analyse de data le font dans une logique opérationnelle et très pragmatique. Et dans notre parcours, c’est ce que nous faisons aussi.

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