Entre tradition et innovation, la filière lin se réinvente

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Aujourd’hui, les secteurs de la mode, de l’art de vivre, de l’aéronautique, du bâtiment et des textiles à usage techniques travaillent cette matière naturelle », explique Pascal Prévost. © CELC.
Sur le territoire du Crédit Agricole Normandie-Seine, Pascal Prévost, liniculteur en est persuadé : l’avenir appartient au lin. Malgré la crise sanitaire, les acteurs de la filière ont su faire preuve de résilience et d’ingéniosité pour développer leurs produits et valoriser l’image du lin.

Agriculteur de père en fils, Pascal Prévost exploite, depuis 1990, la ferme de l’Araucaria à Rouge-Perriers située sur le plateau du Neubourg dans l’Eure. Il y cultive des betteraves, des céréales et du lin : véritable trésor de la région. Ce savoir-faire ancestral transmis de génération en génération fait de la Normandie, le berceau historique du lin en France. « Nous produisons près de 50 % du marché mondial. Ce qui fait la force de la filière, c’est sa capacité à innover et à proposer des produits toujours plus qualitatifs. Il y a encore soixante ans, on vendait seulement des nappes et des draps en lin. Aujourd’hui, les secteurs de la mode, de l’art de vivre, de l’aéronautique, du bâtiment et des textiles à usage techniques travaillent cette matière naturelle », explique Pascal Prévost.

Une vision à 360° de la filière

Président de la promotion à la Confédération européenne du lin et du chanvre (CELC), et président de la Coopérative de teillage de lin du plateau du Neubourg. Le liniculteur normand endosse également le rôle de référent au sein de l’institut Arvalis, chargé de la recherche végétale. Ces fonctions diverses et complémentaires lui offrent une vision à 360° de la filière et de ses enjeux. « Mes différentes missions au sein de ces structures me permettent de faire le lien entre producteurs et consommateurs, de faire évoluer le marché et de mettre en place des stratégies de communication. Mais également, de connaître les défis de chacun des acteurs de la filière qu’ils soient cultivateurs, teilleurs, tisseurs, tricoteurs, vendeurs, etc. », affirme Pascal Prévost.

Dynamisme et résilience

Matière naturelle, noble et résistante, le lin agit également comme un véritable puit de carbone : un hectare de lin retient chaque année 3,7 tonnes de CO2. Des avantages qui font de cette plante, un produit phare en France et à l’international. Mais la crise sanitaire est venue bouleversée l’équilibre du marché mondial. « 80 % de la production de lin est européenne et une grande partie des fibres est exportée puis transformée en Asie. En janvier 2020, nous avons dû stopper nos expéditions. Une situation complexe qui n’a pourtant pas entamé le dynamisme de la filière », raconte le liniculteur. Signe de confiance en l’avenir, la Coopérative de teillage du plateau du Neubourg a d’ailleurs investi 13 M€ dans l’acquisition de deux nouvelles lignes de teillage du lin. Ces machines, financées par le Crédit Agricole Normandie-Seine, viennent compléter les quatre autres déjà existantes et augmentent la capacité de production de 50 %.  A terme, une trentaine d’emplois supplémentaires devraient être créés.

Savoir se réinventer

Qui dit développement, dit innovation. Les acteurs de la filière ne manquent pas d’ingéniosité afin de valoriser l’image du lin. La CELC a lancé, début avril, une opération digitale baptisée « le Manifeste du lin » à l’occasion de la Fashion Revolution week. Cette campagne avait pour objectif de mettre la fibre de lin européenne au cœur d’une prise de conscience, pour une mode éco-responsable. En partenariat avec le BHV Marais, la CELC a également exposé en plein cœur de Paris, un « champ » de lin. Une façon de rappeler aux consommateurs qu’il s’agit d’une plante naturelle qui utilise peu d’intrants chimiques. « Au-delà des campagnes de communication, l’innovation est omniprésente dans nos réflexions sur le développement de la filière. Aujourd’hui, on essaye de créer de nouvelles variétés et semences de lin afin de les rendre plus résistantes aux parasites et aux changements climatiques. Les filateurs européens, quant à eux, ont réussi à créer des fils adaptés au tricotage. Cette avancée permet de développer le nouveau marché de la maille de lin que l’on retrouve dans de très nombreuses collections de prêt-à-porter. La filière innove également dans les domaines de la formation des jeunes, de la transmission des savoir-faire, de l’amélioration des conditions de travail, de la sécurité et du recrutement », conclut Pascal Prévost.

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