Finistère | Thème Innovation 
Le 03/10/14

Trois questions à : Franck Zal, chercheur et président-directeur général d'Hemarina 

Le concept est révolutionnaire ! Après avoir découvert que l'hémoglobine d'un ver marin présentait les mêmes propriétés que l'hémoglobine humaine, Franck Zal travaille au développement d'un substitut sanguin au sein d'Hemarina, société qu'il a fondée en 2007. Membre du comité d’experts de la Filière mer du Crédit Agricole du Finistère, il croit fermement à l’avenir des biotechnologies dans sa région et apporte son éclairage sur les attentes des entreprises de son secteur.

Franck Zal, chercheur et président-directeur général d'Hemarina
A gauche : Franck Zal, P.-D.G. d'Hemarina SA - crédit photo : GPO/M. H. Taillard. A droite : visuels libres de droit du ver arénicole, Arenicola marina.

Qui est Hemarina ?

Hemarina est une start-up de biotechnologie marine installée dans la pépinière de Morlaix et forte de 36 collaborateurs. J’ai créé la société en 2007, plusieurs années après avoir découvert dans un laboratoire de recherche publique que l’hémoglobine d’un ver marin, extrêmement répandu sur les plages bretonnes, présentait les mêmes propriétés fonctionnelles que l’hémoglobine humaine mais avec une efficacité bien supérieure en matière de transport de l’oxygène et sans poser de problème de typage sanguin. Aujourd’hui, Hemarina développe plusieurs applications autour de cette molécule, dont la plus avancée – avec une phase d’essais cliniques prévue en fin d’année – permettra de préserver les organes en attente de transplantation, dans des conditions proches de leurs conditions physiologiques et donc, in fine, d’avoir une reprise de fonction accélérée.

Vous avez intégré le comité d’experts de la filière mer créée par le Crédit Agricole du Finistère, qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Lors des débuts d’Hemarina, j’ai pu constater que la Bretagne était une région où il y avait une vraie qualité d’écoute tant de la part des collectivités locales que des investisseurs. Cela nous a beaucoup aidés à avancer. Maintenant, je pense qu’il est temps que je « retourne l’ascenseur » en apportant mon expertise et mes réseaux aux « jeunes pousses » qui se spécialisent dans les biotechnologies marines, et elles sont nombreuses dans le Finistère ! Fin novembre, nous allons d’ailleurs organiser une rencontre entre les entrepreneurs, les structures accompagnant cette activité et le Crédit Agricole.

Aujourd’hui, quelles sont les principales attentes des entreprises de biotech vis-à-vis des banques ?

Ma première réponse ne va pas vous surprendre : nos entreprises ont avant tout besoin de financements ! Dans un premier temps, nos sociétés développées à partir d’une idée ou d’un concept ne génèrent pas de chiffre d’affaires, car il faut quelques années pour faire émerger ces nouveaux produits et nous sommes entièrement tributaires d’apports de fonds extérieurs. Toutefois, le retour sur investissement peut-être extrêmement important et la création de valeur conséquente. Pour cela, il faut qu’un maximum d’acteurs nous fasse confiance ! En la matière, la Caisse régionale du Finistère semble être prête à relever le défi, que ce soit via sa filière mer ou au travers du fonds de capital risque créé en 2014. Si l’argent est vraiment le nerf de la guerre, je pense que les entreprises de nos secteurs ont aussi besoin de se constituer des réseaux aussi larges que possible car on avance plus vite à plusieurs. Là encore, je crois que le Crédit Agricole a un rôle à jouer de par son modèle de gouvernance et son ancrage très fort dans toutes les strates de nos territoires.

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