Les jeunes et la création d'entreprise

Le 01/02/18 - Caisses régionales

Jeunes, la passion d'entreprendre 

Étude après étude, les instituts de sondage dessinent une jeunesse française toujours plus attirée par l'entrepreneuriat et qui veut donner du sens à sa « petite entreprise ». Zoom sur quelques jeunes entrepreneurs bien dans leur époque.

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60 % des jeunes de moins de 30 ans déclarent avoir envie de créer leur entreprise. © IStock 2018.

Jeunesse, le temps de l'audace. L'adage populaire semble se vérifier chaque jour un peu plus lorsque les études tentent de cerner la vocation entrepreneuriale des Français de moins de 30 ans. Le nombre de créations d’entreprises portées par des jeunes a en effet connu un boom sans précédent ces dernières années : + 208 % entre 2002 et 2014.

Cette génération née au tournant du 21e siècle s'imagine de plus en plus en entrepreneur, nourrissant ainsi l'espoir d'échapper à un chômage de masse qui frappe près du quart des 15-24 ans. Cet horizon pourrait bien supplanter un jour l'espérance d'un CDI dans le cœur des jeunes : dans son étude parue en janvier 2017 à l'occasion du Salon des entrepreneurs (le prochain se déroule  à Paris du 7 au 8 février 2018), l'institut OpinionWay relève quet 81 % d'entre eux jugent le Graal du CDI de plus en plus inaccessible. A contrario, 60 % déclarent vouloir créer leur entreprise.

Une vocation dès le plus jeune âge

Mais combien sont-ils à réellement sauter le pas ? A partir des données recoupées de l'Insee et des organismes de sécurité sociale, il est établi que 183 000 audacieux ont créé leur entreprise en 2016. Rapporté aux huit millions de jeunes de 20 à 30 ans, cela représente 1 sur… 42 !

Accompagner le passage du rêve à la réalité, c'est le vœu des pouvoirs publics, notamment avec de nouvelles dispositions comme l'ouverture des droits au chômage pour les créateurs d'entreprise, ou encore le doublement des plafonds de chiffre d'affaires pour les micro-entrepreneurs. Le Crédit Agricole soutient et accompagne ces jeunes dans leur envie d’entreprendre, parfois dès le lycée.

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Au lycée de Champollion de Figeac l'année dernière, des jeunes lycéens ont créé leur entreprise.

A Figeac (46), entreprendre rime en tout cas avec culottes courtes… ou presque : au lycée Champollion, dans le cadre d’un partenariat entre Entreprendre pour apprendre et le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées, 18 mini-entrepreneurs ont franchi toutes les étapes de la création de l'entreprise Stay and Fly, qui s'est lancée dans la commercialisation d'un support innovant pour smartphones et tablettes numériques. « Nous avons accompagné cette aventure sur un plan financier mais aussi à travers le parrainage de plusieurs de nos administrateurs, précise Agnès Aubertin, présidente de la Caisse locale de Figeac au Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées. Chaque semaine, ils avaient rendez-vous avec les lycéens pour échanger sur l'avancée de leur projet et les conseiller. » Fin juin 2017, l'assemblée générale de clôture de Stay and Fly a fourni l'occasion aux lycéens d'évoquer leur satisfaction d'avoir vécu dans la peau de créateurs d'entreprise quelques mois. L'expérience a fait des émules au regard du nombre d’élèves engagés cette année dans l’aventure. En effet, 405 mini-entrepreneurs, répartis sur quatre départements, travaillent à la création de 27 mini-entreprises : un chiffre qui laisse augurer une évolution des créations d’entreprise chez les moins de 25 ans.

Récompenses et coups de pouce

En Bretagne, des jeunes ont été récompensés en fin d’année par le Crédit Agricole d’Ille-et-Vilaine pour leur initiative entrepreneuriale. Pour la troisième année consécutive, un concours Jeunes entrepreneurs d'Ille-et-Vilaine était en effet organisé à l’initiative du Comité jeunes de la Caisse régionale, composé de 10 jeunes sociétaires âgés de 18 à 25 ans. Grâce à Heyliot, start-up spécialisée dans les présentoirs connectés pour les magazines immobiliers, Cyril Pradel est l'entrepreneur bretillien de l'année. Un autre, Alexandre Clinchard, a reçu un prix pour « La Filoche », un camion ambulant à la fois épicier, poissonnier, crémier et primeur. Marie Paillardon a séduit le public avec Teorum. Son idée ? Recycler les combinaisons de plongée pour fabriquer des vêtements tendance.

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Marie Paillardon, à la tête de Teorum, recycle les combinaisons de plongée pour fabriquer des vêtements.

Pour soutenir ces porteurs de projets où qu’ils soient, le Crédit Agricole est présent physiquement dans tous les territoires. Souvent, il s’associe à des plateformes de crowdfunding pour soutenir des projets portés par des entrepreneurs qui font appel au financement participatif. Plusieurs Caisses régionales de Crédit Agricole ont ainsi noué un partenariat avec Tudigo. Celle d’Ile-de-France propose, par exemple, un abondement de 1 000 à 3 000 euros aux cinq projets ayant le plus de contributeurs. Les candidats franciliens sont invités à s’inscrire sur le site jusqu’au 4 février 2018.

Donner du sens à l'entreprise

Parmi eux, certains reviennent peut-être d’un séjour à l’étranger dans le cadre de leurs études : une expérience qui, souvent, ouvre encore davantage de perspectives. Pierre Besson baigne dans cette culture entrepreneuriale depuis sa naissance. Ses grands-parents ont créé leur entreprise en franchise, son père s'est lancé dans la parfumerie : «Il m'a parlé de ses projets dès que j'ai été en âge de les comprendre », sourit le jeune homme de 21 ans. En 2018, Pierre terminera un Bachelor of Commerce à l'Université McGill de Montréal. « Pendant ces études, j'ai participé à plusieurs appels à projets innovants lancés par l'université ; j'ai notamment contribué à créer un service de visites touristiques animées par des étudiants. »

Actuellement inscrit dans un programme d'échange à l'université Paris Dauphine, Pierre poursuivra certainement ses études en Master. « Ensuite, j'envisage de travailler quelques années dans une ou deux entreprises, puis de lancer ma propre activité. Je trouve ça extrêmement excitant de bâtir quelque chose à mon idée, de pouvoir donner libre cours à ma créativité. » Si le jeune étudiant n'a pas encore défini précisément le champ de sa future entreprise, il souhaite néanmoins qu'elle s'inscrive dans l'innovation socio-environnementale.

De la maroquinerie à base de cuir... de poisson

Ce besoin d'allier création d'entreprise et dimension sociétale semble être une tendance forte chez les jeunes séduits par l'entrepreneuriat. Pour Marielle Philip, créatrice de Femer, c'est une évidence : «Titulaire d'un Master en droit de l'environnement littoral et marin, je voulais travailler dans ce domaine. Mais devant les difficultés pour trouver un poste, j'ai choisi de bifurquer. »

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Marielle Philip, créatrice de Femer.

Lors d'un séjour touristique en Laponie, la mère de Marielle découvre le cuir de poisson et ramène quelques échantillons à sa fille : « Je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose à faire. En Aquitaine, l'essentiel des peaux des poissons pêchées est tout simplement jeté. En utilisant un tannage végétal, il est possible de créer des cuirs pour la maroquinerie. »

Avant de se lancer dans l’aventure, cette fille de marin-pêcheur a suivi le cursus de l'École territoriale pour l'innovation et la coopération (ETIcoop), créée en 2013 par les Caisses régionales de Crédit Agricole Aquitaine et Pyrénées Gascogne. « J'ai créé l'entreprise en 2014 et je travaille en lien avec un établissement et service d'aide par le travail (Esat), qui sous-traite certains processus de la production. Je me lève tous les matins avec le sourire. Certes, c'est compliqué, il faut vivre parfois avec pas grand-chose et je pense à mon entreprise jour et nuit. Mais je n'imagine pas faire autre chose ! »

Un camion équipé d'un cryosauna

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Marie Butard propose des séances de cryothérapie à bord d'un camion équipé d'un cryosauna.

Création d'entreprise rime parfois avec reconversion, même lorsque l'on est jeune. Marie Butard, basketteuse professionnelle, a d'ores et déjà prévu une deuxième vie à la tête de sa société lorsqu'elle laissera définitivement ses chaussures au vestiaire.C'est lorsqu'elle jouait au club d'Angoulême que la jeune femme a commencé à former son projet : « J'ai découvert la cryothérapie, une approche médicale qui permet de soulager courbatures, douleurs ou encore arthroses par quelques séances d'exposition du corps au froid intense (entre - 80 et - 170°). » La basketteuse a décidé d'investir dans une unité mobile, un camion équipé d'un cryosauna, avec le soutien du Crédit Agricole du Finistère. Elle est à son volant quand elle n'est pas à l’entraînement ou en match. En attendant la bascule définitive vers cette nouvelle activité, elle s'appuie sur une collaboratrice quand elle est indisponible.

Pas trop fatigant de cumuler les deux activités ? « Quand c'est son propre projet, on accepte d'y passer beaucoup de temps. Il faut aussi savoir surmonter les refus, passer outre les doutes, dépasser les incertitudes. Le sport m'a appris à ne rien lâcher ; j'y puise des valeurs et une force qui sont tout à fait compatibles avec l'entrepreneuriat. Et puis je suis jeune après tout ! »

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