Crédit Agricole | Thème Innovation 
Le 03/01/18

Un vent d’innovation souffle sur l’aéronautique 

A quoi ressemblera l'avion du futur ? Sera-t-il plus rapide ? Plus sûr ? Plus propre ? Autonome ? Autant de questions qui agitent depuis plusieurs années l'ensemble des acteurs de la filière aéronautique. Tour d'horizon d'un secteur soumis à une véritable frénésie d'innovation, accompagné par le Crédit Agricole.

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Airbus A 320 Néo. © 2017 Airbus.

La plus grosse vente de l’histoire d’Airbus a été annoncée mi-novembre 2017. Une société de location lui a acheté 430 A 320 Néo pour 50 milliards de dollars. Ce succès commercial témoigne de la très bonne santé du secteur aéronautique. La flotte mondiale de l'aviation civile devrait doubler d'ici 2035. C'est aussi un marché en pleine mutation où les acteurs européens, constructeurs, motoristes ou équipementiers, sont confrontés à des défis sans précédent. « A commencer par l'arrivée annoncée de concurrents chinois, par la nécessaire augmentation de la productivité pour faire face aux commandes qui affluent et par des exigences environnementales de plus en plus pressantes qui appellent toujours plus d’innovation », explique Pascale Rombaut, ingénieure spécialisée dans le secteur aéronautique au service Etudes économiques de Crédit Agricole SA.

Tiré par Airbus, deuxième mondial derrière Boeing, l’aéronautique, premier contributeur au solde positif du commerce extérieur de la France, ne se résume pas à cette tête de proue. Outre les grands donneurs d'ordres, le secteur se répartit pratiquement à parts égales entre PME et ETI sous-traitantes qui irriguent la France, du Cantal à la Bretagne en passant par la Franche-Comté et la vallée de l’Arve : ils doublent les effectifs employés directement par ce secteur.

Pas étonnant que le Crédit Agricole en soit l’un des financeurs attentifs : CA CIB, en particulier, est l'un des leaders mondiaux sur les financements d'aéronefs avec plus de 1 200 avions financés, maintes fois récompensé.  

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Le groupe Blondel est implanté sur 8 sites en France et en Afrique du Nord. © 2017 Groupe Blondel.

Une chaîne logistique plus efficace… et plus verte

Impératif, le vent d'innovation souffle sur tous les maillons, y compris la logistique, élément pivot d'un secteur où chaque minute compte. Spécialisé dans l'aérologistique depuis les années 2000, le groupe familial Blondel, situé dans les Hauts-de-France et client du Crédit Agricole Brie Picardie, n'échappe pas à la règle. « Aujourd'hui le secteur aéronautique représente une part importante de notre chiffre d’affaires et compte à lui seul 680 personnes et 8 implantations en France et 2 en Afrique du Nord, explique Grégoire Blondel, son président. Premier transporteur des Hauts-de-France, son offre de prestations logistiques au sein de ses plateformes ou même chez le client intègre le transport exceptionnel avec des équipes spécialement formées. Il y a quelques années, conscient des mutations à l'œuvre chez ses clients avionneurs, le sous-traitant a choisi d'axer son développement autour de sa capacité d'innovation. « Il s'agissait, d'une part, de proposer des solutions informatiques et technologiques susceptibles de générer des économies pour nos partenaires et en tout premier lieu pour notre client Stelia Aerospace, poursuit Grégoire Blondel. Il fallait aussi réduire l'impact environnemental de nos activités. » Cette stratégie a porté ses fruits débouchant sur des solutions digitales qui tendent vers le zéro papier et sur des innovations comme des remorques rétractables en largeur. Elles permettent de transporter des volumes plus conséquents sans surcoût énergétique.

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L'entreprise est spécialisée dans l'usinage de haute précision pour l'aéronautique. © Armor-meca

L'humain avant tout chez Armor Meca

Fraîchement élu « Entrepreneur de l'année 2017, catégorie Entreprise familiale » par le cabinet Ernst and Young, Sébastien Colas dirige Armor Meca, entreprise spécialisée dans l'usinage de haute précision pour l'aéronautique, basée à Pleslin-Trigavou à quelques kilomètres de Dinan. Pour ce client du Crédit Agricole des Côtes-d’Armor, innovation et environnement vont de pair. Un projet de bâtiment autonome en énergie combinant panneaux photovoltaïques et piles à combustible est d'ailleurs en vue pour 2020. « L'innovation sociale est également primordiale car, souligne-t-il, il nous semble impensable de mettre l'innovation au cœur de notre stratégie sans mettre l'homme au centre de nos préoccupations ! » C'est cette conviction qui a conduit l'entreprise à mettre en place un système d'ascenseur social interne à l'intention de ses 170 collaborateurs. Il structure d'ambitieux plans de formation qui permettent de faire monter en compétences tous ceux dont le poste est allégé par la robotisation croissante d'Armor Meca.

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L'Open Rotor se singularise par son architecture ouverte, non carénée. © 2017 Safran

Un moteur pour l'avenir…

A une toute autre échelle, les grands acteurs font également la part belle à l'innovation, indispensable pour résister à une pression concurrentielle de plus en plus acharnée. Ainsi, en octobre, les bancs d'essai de Safran, équipementier de haute technologie pour l’aéronautique, l’espace et la défense, ont accueilli le démonstrateur d'un moteur dit « open rotor », développé dans le cadre du programme de recherche européen Clean Sky. « Avec son architecture non carénée et ses deux hélices qui tournent dans des sens opposés, le prototype est révolutionnaire par sa structure même, mais aussi par ses matériaux composites », explique Pascale Rombaut. La vraie rupture est sa promesse environnementale : il devrait permettre de réduire la consommation de carburant et les émissions de CO2 de 30 % par rapport aux moteurs CFM 56 actuels. » L'open rotor devrait être commercialisé à l'horizon 2030, à temps pour le renouvellement des Boeing 737 et de l'Airbus A320.

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Airbus espère effectuer les premiers tests en vol de CityAirbus fin 2018. © Airbus

…Et de nouveaux horizons

2030, c'est demain… D'ici-là, le ciel de nos villes sera peut-être traversé par les premières voitures volantes. C'est en tout cas le pari que se préparent à relever plusieurs acteurs, Airbus en tête. « La convergence de nouvelles technologies et des modèles économiques liés au digital permettent d'envisager d'ajouter une troisième dimension – le ciel – aux réseaux de transports urbains », indique Mathias Thomsen, le directeur général pour la mobilité aérienne urbaine du constructeur européen. Irréaliste ? Pas tant que ça. Début octobre, le projet de taxi volant autonome baptisé CityAirbus a franchi une étape décisive avec des premiers tests menés sur son système de propulsion électrique. Le véhicule, qui pourra transporter quatre passagers au-dessus des villes embouteillées, devrait effectuer son premier vol en 2018, à peu près à la même période que son cousin monoplace Vahana. Si la technologie semble prête, de nombreuses questions demeurent en suspens. Commander sa voiture volante depuis son smartphone n’est pas encore pour demain. « Il nous faudra d'abord lever les freins liés à l'intégration urbaine, à l'acceptation du public mais aussi faire évoluer la législation sur les drones », résume Mathias Thomsen en conclusion.

 

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