Côtes-d'Armor | Thème Développement durable 
Le 19/07/11

Les éleveurs bretons à la reconquête de l'eau 

À rebours de l’image caricaturale d’une agriculture polluante, les éleveurs bretons redoublent d’efforts pour préserver rivières et eaux souterraines. Techniques nouvelles et changements de comportements donnent des résultats probants.

Reconquête au goutte à goutte en Bretagne
Les stations d’épuration se sont multipliées depuis dix ans dans les fermes bretonnes. Celles-ci permettent d’extraire l’azote et le phosphore issus du lisier de porc qui sont ensuite revendus sous forme d’engrais.

Si les déjections animales peuvent être utilisées comme engrais organique, leur concentration s’avère polluante. En cas d’épandage excessif de lisier sur un faible périmètre, l’écosystème n’est plus en capacité d’absorber l’excédent de nitrates. À la première pluie, cet excédent ruisselle dans les rivières, s’infiltre dans les nappes phréatiques, et entraîne la contamination de l’eau et des « marées vertes » du fait de la prolifération de végétaux.

Multiplication des stations de traitement

Principal accusé dans les années 1990, l’élevage porcin, particulièrement développé en Bretagne. Dans le cadre de la directive européenne « Nitrates », des zones d’excédent structurel ont donc été délimitées dans les cantons bretons où la quantité d’azote produite par le cheptel est supérieure à 170 kg par hectare épandable et par an.

Toute exploitation dépassant ce seuil est tenue de trouver une solution de gestion du lisier. Sauf à réduire son cheptel, l’éleveur peut opter pour le transfert vers une zone de moindre pression azotée, la mise en place d’un plan d’épandage sur une superficie réglementaire, ou l’installation d’une station de traitement.

« Bien que l’investissement, souvent porté par plusieurs exploitants, soit de 150 000 à 300 000 euros, ces stations se sont multipliées depuis dix ans. L’épuration permet d’extraire l’azote et le phosphore, qui sont revendus sous forme d’engrais, notamment aux céréaliers, tandis que l’eau retraitée sert à l’irrigation des cultures », explique Jean-Luc Naudin, analyste du marché de l’agriculture au Crédit Agricole des Côtes d’Armor.

Des haies pour retenir le ruissellement des eaux

Dans le département voisin du Finistère, c’est le niveau de pollution de l’Horn qui a alerté l’opinion dans les années 1990. Créée en 1997, l’association Cap Horn se donne donc pour mission de restaurer la qualité de l’eau de cette rivière. De la plantation de haies et de talus pour retenir le ruissellement des eaux, à l’installation de stations de traitement du lisier, les actions impulsées font mouche, puisque la qualité de l’eau s’améliore d’année en année. Cette victoire, une parmi beaucoup d’autres, a été saluée en 2010 par les Trophées de la vie locale du Crédit Agricole du Finistère.

© creditagricole.info / Juillet 2011

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