Thème Agriculture 
Le 09/03/11

"Beaucoup de jeunes sont intéressés par une agriculture écologiquement intensive" 

Jean-Michel Schaeffer, président du CNJA, est installé dans le Bas-Rhin depuis 2005 sur la ferme familiale, spécialisée en polyculture. L'installation des jeunes agriculteurs est pour lui une priorité, il nous explique pourquoi.

Jean-Michel Schaeffer, président des Jeunes Agriculteurs
Jean-Michel Schaeffer préside les Jeunes Agriculteurs depuis 2011

Existe-t-il aujourd’hui un profil type du jeune agriculteur qui s’installe ?

S'il fallait dresser le profil du jeune qui s'installe aujourd’hui, en 2011, je dirai qu'il a en moyenne 28 ans, qu'il a un niveau d'étude en constante progression, avec en général un niveau Bac Pro, Bac +2, voire plus. Il s'installe majoritairement dans l'élevage, souvent après avoir fait quelques détours professionnels et acquis d'autres expériences.

Enfin, nous observons aujourd'hui que 10 % des installations environ se font en bio, et un tiers d'entre elles hors du cadre familial. Il est donc important de savoir accompagner et répondre à ces projets, souvent très différents les uns des autres.

Au-delà de la formation et du parcours professionnel qui a pu précéder l’installation, comment abordez-vous la question de l’investissement, qui demeure un poids clé pour les jeunes ?

D'une façon générale, il faut bien être conscient que le coût d'une installation est très élevé. Si on prend l'exemple de la viande bovine, l'investissement est de l'ordre de 300 000 €. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir comment faciliter l'accès au crédit. Un prêt bonifié à hauteur de 110 000 € ne répond pas à cette attente. Pourquoi ne pas envisager un système de prêts garantis ?

D'autres pistes existent aussi en matière de développement durable et d'énergie renouvelable. Les agriculteurs peuvent être moteurs sur cette question. Nous sommes prêts à nous engager plus sur le photovoltaïque ou la méthanisation, mais il faut absolument sortir de la logique technocratique dans laquelle on est enfermé et accepter que les acteurs de terrain participent activement à l'élaboration de cette politique !

Vous évoquiez les installations en bio, de quelle façon imaginez-vous l’avenir d’une agriculture plus durable ?

En bio comme dans les autres secteurs, nous avons besoin d'une bonne structuration de la filière, tout en disposant d'un panel cohérent et le plus large possible de produits. L'enjeu est qualitatif bien sûr, mais aussi quantitatif.

D'une façon plus globale, nous pourrions construire un volet environnemental plus intelligent si nous sortions d'une logique trop bureaucratique. Beaucoup de jeunes sont intéressés par une agriculture écologiquement intensive, utilisant par exemple le non-labour.

Au travers de reportages vidéo, d'articles, de brèves, de dossiers, le site creditagricole.info valorise les actions et les initiatives des 39 Caisses régionales du Crédit Agricole partout en France.
Proximité et rapidité sont les maîtres-mots de cet espace, pour une information riche, concrète et mobile.