Thème Développement économique 
Le 28/02/13

« L'avenir de la viticulture française se joue en grande partie à l'export » 

Bilan de santé d'un secteur stratégique, par Ludivine Duval, expert filière Vin et Spiritueux à la direction de l'Agriculture de Crédit Agricole SA, et Philippe Chapuis, directeur de l'Agroalimentaire en charge de la filière Vin et Spiritueux.

Ludivine Duval et Philippe Chapuis
Pour Ludivine Duval et Philippe Chapuis, experts du secteur viticole, les exportations de vins et spiritueux constituent un enjeu stratégique

Comment se porte le secteur viticole hexagonale ?

Ludivine Duval : Stratégique pour notre économie, la filière vitivinicole française reste LA référence mondiale en termes de qualité. Doté d’un potentiel de production en diminution avec près de 788 000 hectares, second vignoble mondial derrière l’Espagne, la France se fait prendre de peu son titre de premier producteur mondial en 2012 par l’Italie en raison d’aléas climatiques. Côté consommation, la baisse continue enregistrée en France depuis 50 ans (- 70 % !) devrait se poursuivre, même si l'érosion devrait bientôt ralentir...

Qu’en est-il réellement du rayonnement des vins français à l’étranger ?

Philippe Chapuis : A l'inverse de notre courbe de consommation domestique, la consommation mondiale est en croissance. Et le mouvement ne devrait pas s'arrêter, porté notamment par les marchés américain et chinois. Pour les vins français, cela signifie que l'avenir se joue en grande partie à l'export ! Sur ce plan, nous restons encore le leader mondial en valeur. En revanche, nous ne suivons plus réellement le rythme en ce qui concerne les volumes et nous perdons des parts de marchés face à l'Italie et surtout à l'Espagne, de plus en plus performante dans le domaine du vin en vrac.

Ludivine Duval : Cela dit, l'heure est plutôt aux produits dits « premium », ce qui est franchement positif pour la filière hexagonale... D'ailleurs, avec un chiffre d’affaires de 11,2 milliards d'euros en 2012, les exportations de vins et spiritueux français ont atteint un nouveau record historique ! Il est important de garder en mémoire que 70 % des exportations en valeur sont faites par les bordeaux, bourgogne, champagne et cognac et que les IGP (Indication géographique protégée, ex-vins de pays) et SIG (Sans indication géographique, ex-vins de table), avec 46 % des volumes, ne représentent que 15 % en valeur.

Pourquoi et comment le Crédit agricole s’engage-t-il dans le développement de l’export ?

Philippe Chapuis : Les exportations françaises de vins et spiritueux constituant un enjeu stratégique pour l’ensemble de la filière comme pour la santé de l’économie française, il est indispensable que le Crédit Agricole, acteur financier de référence de la viticulture et du grand négoce, s’engage et s’inscrive dans leur développement ! Pour ce faire, nous déployons une démarche globale dans lequel de nombreux acteurs du groupe sont impliqués.

Je souhaiterais notamment mentionner les outils Expert Vin Export proposés sur notre site Pleinchamp, l'offre EuroChallenge d'Altios, la mobilisation de CA-CIB auprès des majors du secteur et, bien sûr, l'accompagnement sur mesure proposé par les Caisses régionales, dont plusieurs ont constitué un département dédié à la filière vins et spiritueux, avec l'appui du pôle Agri-Agro de Crédit Agricole SA.

En complément des relations historiques avec les coopératives, le pôle Agri-Agro vient, en début d’année, de concrétiser un partenariat avec la FEVS (Fédération des exportateurs de vins et spiritueux) qui lui permettra de renforcer son expertise pour toujours mieux adresser les problématiques de ses clients.

Au travers de reportages vidéo, d'articles, de brèves, de dossiers, le site creditagricole.info valorise les actions et les initiatives des 39 Caisses régionales du Crédit Agricole partout en France.
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