La forêt, source de diversité (1/4)

Le 20/08/12

Du bois dormant à l’exploitation durable 

Avec 15 millions d’hectares, soit 28 % de son territoire, la France possède la troisième surface forestière d’Europe. Mais que veut-elle en faire : une forêt « Belle au bois dormant » ou un espace naturel bien géré, donc renouvelé, appuyé sur une filière professionnelle solide et audacieuse ?

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La coopérative forestière Unisylva. ©unisylva

Riche de 136 espèces, la forêt française compte deux tiers d’essences feuillues pour un tiers seulement de résineux. « Seulement » car le résineux affiche une productivité de 10,8 m3 par hectare et par an, contre 5,6 m3 pour les feuillus qui manquent encore de débouchés industriels. Autre constat : seules 40 % des ressources forestières disponibles seraient récoltées, du fait notamment du morcellement de la propriété. La forêt française est en effet composée à 75 % de microparcelles privées. « L’offre est diffuse, alors que la filière Bois Forêt aurait besoin d’une récolte industrialisée. L’une des réponses passe sans doute par le regroupement en coopératives » analyse Gilles de Boncourt, directeur de la coopérative forestière Unisylva et administrateur de la Caisse régionale du Crédit Agricole Centre Ouest.

Moteur économique, pompe à carbone

Aussi morcelée soit-elle, la forêt française n’en assure pas moins des fonctions sociétale, économique et écologique dépendantes les unes des autres. Un exemple ? « En récoltant le petit bois, on stimule à la fois l’économie du bois en tant qu’énergie renouvelable et la croissance de la forêt, donc la photosynthèse, donc le stockage du carbone » résume Gilles de Boncourt. Le bois est en effet un capteur dont chaque mètre cube stocke une tonne de gaz carbonique, soit 100 millions de tonnes par an pour la forêt métropolitaine. Pour autant,  la valorisation économique de l’absorption du CO2 par la forêt n’est pas encore opérationnelle. « La finance carbone appliquée à la forêt est encore à l’état de recherche et n’a pas vraiment abouti de façon satisfaisante. Nous restons donc en veille sur ce sujet » explique Sophie Huet, chargée de mission Économie de l’Environnement à la Fédération nationale du Crédit Agricole.

De tout bord , on s’attend à un renouveau dans l’économie de la forêt .Ce qui signifie exploiter plus et mieux la forêt, miser sur la biomasse, énergie renouvelable et bon marché, miser sur le matériau bois de Haute Qualité Environnementale, écologique et recyclable. Ce qui signifie financer l’investissement des exploitants, des scieurs et autres métiers de la filière, soutenir l’innovation vers de nouveaux usages, accompagner collectivités, entreprises et particuliers propriétaires dans leurs démarches de crédit, d’assurance, d’épargne et de placement dans la valeur « refuge » qu’est devenue la forêt.

 

 

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