Le 15/10/12

Mondragón, les recettes coopératives d’un géant basque 

Le groupe coopératif de Mondragón, petite ville du Pays Basque espagnol, combine depuis les années 50 prospérité et politique sociale généreuse. La crise économique et financière ne l’épargne pas. Le groupe y apporte ses réponses, décryptées par Jean-Michel Larrasquet, professeur associé à la faculté des Sciences de l’entreprise de l’université de Mondragón.

Mondragon
Le groupe coopératif de Mondragón, au Pays Basque espagnol. ©Mondragón

Premier groupe du Pays Basque, septième d’Espagne, Mondragón fédère environ deux cents coopératives qui possèdent 130 filiales à travers le monde, dans les secteurs de la finance, l’industrie, la distribution et la connaissance (recherche et formation). Ce réseau représente 100 000 personnes (dont 65 000 sociétaires), dont les trois quarts travaillent en territoire d’origine.

« Mondragón est le contraire d’une holding. Ce sont les entreprises coopératives qui contrôlent le groupe dont elles peuvent sortir librement. Pour entrer, en revanche, chacune doit se conformer à une charte très exigeante », résume Jean-Michel Larrasquet, professeur associé à la faculté des Sciences de l’entreprise de l’université de Mondragón.

Les coopératives bénéficient d'une aide en cas de difficulté

Pilier de la charte, l’intercoopération impose à chaque coopérative de verser 40 % de ses bénéfices à un fonds commun de solidarité. En contrepartie de cette contrainte, chacune peut prétendre, en cas de difficulté, à une aide solidaire assortie d’un plan d’accompagnement.

De même, chaque membre accède de façon privilégiée à la formation, notamment via l’université de Mondragón, bénéficie de la dynamique d’innovation des centres de recherche du groupe, et profite d’une aide à l’internationalisation auprès des correspondants Mondragón établis aux quatre coins du monde. 

Pas de délocalisation chez Mondragón

Un autre modèle face à la crise ? Non, car même si le groupe tire globalement son épingle du jeu, beaucoup de coopératives souffrent et ont dû s’imposer baisses de salaires et d’effectifs. « Mais là où une société capitaliste aurait mis tout le monde dehors sans se poser de question, l’intercoopération permet de se donner le temps et de faire en sorte qu’un maximum de personnes soit reclassé dans les coopératives du groupe qui vont bien. Notre lien au territoire est primordial : la prise de décision a lieu chez nous, on ne délocalise pas pour faire 3 % de plus… »

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