Finistère | Thème Développement durable 
Le 05/01/17

Sabella capte l'énergie des courants marins pour alimenter les îles en électricité 

Conceptrice de la première hydrolienne à avoir, à ce jour, produit pour le réseau électrique national, la société quimperoise Sabella vient de lever 8 millions d'euros pour se développer. Son tour de table associe le Crédit Agricole à travers Force 29, la filiale capital investissement de la Caisse régionale du Finistère.

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L'hydrolienne D10 conçue par Sabella a été remontée en juillet 2016 après son immersion au large de Ouessant un an avant.

Accrochée au bout du palan qui la remonte des fonds marins, elle ne paraît pas ses 120 tonnes, avec son hélice bleue et son corps jaune. Immergée en juin 2015, l'hydrolienne D 10 conçue par Sabella a passé une année dans le Passage du Fromveur, au Nord de la mer d'Iroise. Une année à produire de l'électricité, au gré des courants, raccordée par un câble sous-marin à l'île d'Ouessant, avant d'être relevée ce jour de juillet 2016, en fin de période d’autorisation d’occupation du site.

Cette première en France a valeur de test pour cette jeune société de Quimper (29), engagée dans les énergies marines renouvelables. « Nous souhaitions valider son fonctionnement avant de passer à une phase pré-industrielle, précise Jean-François Daviau, PDG de Sabella. Nous travaillons avec la région Bretagne pour une implantation sur le polder de Brest. »

Valoriser le potentiel de l'énergie des courants marins

Les premières séries d'hydroliennes devraient satisfaire en priorité le marché domestique français. Toutefois, Sabella n'envisage pas de se positionner comme les poids-lourds du secteur à l’image d’OpenHydro du groupe DCNS : « Leur objectif est de lancer de vastes champs d'hydroliennes, observe Jean-François Daviau. Nous préférons répondre à la demande de réseaux isolés à travers le monde, pour produire une électricité renouvelable, en remplacement de groupes diesels polluants et onéreux. »

Afin d’étendre sa présence internationale et de renforcer son avance technique, Sabella vient de réaliser une levée de fonds de 8 millions d'euros. Le Crédit Agricole a participé au tour de table : « Ce qui nous intéresse, c'est la qualité de l'entreprise, de ses hommes et de son projet, explique Didier Hamon, chargé d'investissement chez Force 29, la filiale de capital investissement de la Caisse régionale du Finistère. La question de la production de l'électricité en Bretagne est un vrai sujet : valoriser l'énorme potentiel de l'énergie des courants marins est un enjeu majeur pour notre territoire. »

Cette problématique est partagée par de nombreuses îles du Sud-Est asiatique, qui ont déjà manifesté leur intérêt pour les solutions proposées par Sabella : « En Indonésie ou aux Philippines, certains territoires insulaires n'ont pas encore l'électricité, précise Jean-François Daviau. La modularité des composants standardisés de notre modèle d'hydrolienne peut nous permettre de répondre à des besoins variables. »

Au printemps 2017, la D10 va reprendre du service en mer d'Iroise pour une période de deux ans. Viendra ensuite le projet Eussabella : une ferme de deux turbines « D12 » associées à une éolienne et à des panneaux photovoltaïques implantés sur Ouessant. Elles vont permettre de réduire fortement l'activité de la centrale fioul qui fournissait jusqu'à aujourd'hui l'électricité de l'île. Et de montrer la voie à d'autres hydroliennes jaune et bleu, dont les hélices tourneront dans des mers souvent lointaines.

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