Caisses régionales | Thème Innovation 
Le 05/12/16

Matahi : petit baobab deviendra grand 

Pour la start-up Matahi, le fruit du baobab n'est pas qu'une gourmandise. C'est surtout une matière première précieuse qui donne naissance à des jus pas comme les autres. Cette aventure entrepreneuriale et équitable, menée entre le Bénin et Montpellier, est aujourd'hui soutenue par le Crédit Agricole au travers de Sofilaro, filiale des Caisses régionales de Crédit Agricole du Languedoc et Sud Méditerranée.

Start-up Matahi
Matahi, un jus aux nombreuses vertus pour la santé. © Matahi Company 2016

Des proportions de géant, une longévité exceptionnelle qui peut atteindre deux milliers d'années… Le baobab n'est pas un arbre comme les autres, c'est un symbole culturel très fort pour les pays d'Afrique subsaharienne. C'est aussi un atout pour le développement économique de ces régions grâce à son fruit composé d'une grande coque oblongue renfermant des centaines de graines gainées d'une pulpe blanche.

Super aliment

Si le « pain de singe » est aussi convoité ce n'est pas tant pour son goût – par ailleurs plutôt agréable – que pour ses vertus pour la santé. Au menu : des propriétés anti-inflammatoires, antalgiques, antipyrétiques, antioxydantes, une teneur en vitamine C six fois supérieure à celle de l’orange, une teneur en calcium trois fois supérieure à celle du lait… Déjà plébiscité Outre-Manche où il concurrence le chou kale et les fameuses baies de goji, le fruit du baobab a aujourd'hui gagné son statut de « super aliment ». En France, quelques entreprises s'y intéressent de très près, à commencer par Matahi, jeune pousse montpelliéraine créée en 2013 par Raphaël Girardin et Alexandre Giora, deux ingénieurs agronomes amis d'enfance.

Un jus innovant, bio et équitable

Leur idée ? Concevoir une gamme de boissons bio et naturelles à partir du fruit du baobab dans le cadre d'un projet d'économie équitable en partenariat avec une coopérative de femmes béninoises. Ces dernières récoltent et conditionnent la pulpe des fruits avant de l'envoyer par bateau jusqu'en France où elle sera transformée en jus. Plus d’un an de recherche, en partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Supagro Montpellier et AgroParisTech, a été nécessaire pour mettre au point la boisson.

Startup recherche partenaires patients…

En l'espace de quelques années, la start-up a réussi son pari et les boissons Matahi sont désormais diffusées dans 1 500 points de vente. Aujourd'hui, la jeune entreprise voudrait aller plus loin. « Mais nous évoluons sur un segment de marché où il est difficile de trouver des partenaires financiers qui soient prêts à s'inscrire dans des temps bien plus longs que ceux  des autres secteurs économiques. Pour la plupart des entreprises, on estime que la phase de décollage dure deux ans mais, dans l'agroalimentaire, il faut souvent compter 5 ou 6 ans et il n'y a pas beaucoup d'acteurs volontaires pour patienter autant ! », regrette Raphaël Girardin. Pour autant,Sofilaro, qui investit en capital risque et en capital développement, ne s’interdit pas, après cette première phase, d’intervenir à nouveau pour accompagner les prochaine étapes de croissance.

Une aventure humaine

Dans ces conditions, la levée de fonds de 1,5 million d'euros bouclée le 16 octobre 2016 résonne comme une vraie bonne nouvelle. Parmi les investisseurs figurent plusieurs business angels particuliers – comme le rugbyman François Trinh-Duc – et deux fonds de capital développement, dont Sofilaro, filiale de capital investissement des Caisses régionales de Crédit Agricole du Languedoc et Sud Méditerranée. « Cela fait plus de deux ans que, avec Laurent Brieu – président de Sofilaro –, nous avons fait la connaissance de Matahi, précise Manuel Potier, directeur d'investissement de Sofilaro. L'équipe dirigeante nous a séduit et le projet aussi, notamment par sa dimension sociétale et ses valeurs humaines en ligne avec la philosophie du Crédit Agricole. Quand la levée de fonds s'est précisée, nous avons choisi d'y participer pleinement. » « Avec Sofilaro, c'est bien sûr une question de ressources, mais c'est avant tout une histoire d'hommes, ajoute Raphaël Girardin. Grâce à cet engagement et à celui des autres investisseurs, nous allons pouvoir continuer notre développement avec la coopérative béninoise et renforcer nos équipes pour accélérer la commercialisation en France et à l'étranger. »

 

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