Thème Coopération et mutualisme 
Le 07/03/14

Le Crédit Agricole aux avant-postes coopératifs 

En France comme à l’international, les mouvements coopératifs se multiplient et prennent de l’ampleur. Simple effet de mode ou réponse à de véritables attentes sociétales ? Christian Talgorn, président du Crédit Agricole du Morbihan et de l’European Association Cooperative Banks (EACB ou Association européenne des banques coopératives), livre sa vision du sociétariat, dont la banque verte est l’un des acteurs majeurs.

Christian Talgorn, Valorisation du sociétariat : le Crédit Agricole aux avant-postes

Quand et pour quelles raisons le Crédit Agricole a-t-il décidé de valoriser le sociétariat ?

Nous avons lancé le chantier de valorisation du sociétariat en 2012, à l’occasion de notre congrès de Bruxelles. Nous voulions ainsi rappeler l’importance de la place qu’occupe le sociétaire dans notre modèle économique : être sociétaire du Crédit Agricole, c’est être plus qu’un client. Sans lui, notre statut de banque coopérative n’a pas de raison d’être. C’est un membre de la coopérative à part entière, à qui l’on reconnaît un certain nombre d’avantages, tant personnels que collectifs. 

Justement, comment développer le nombre de sociétaires ?

Il faut d’abord un lien très fort, une vision partagée du sociétariat entre les représentants des sociétaires, que sont les élus, et les acteurs du réseau bancaire, qui prennent le relai auprès de nos clients. La proximité induite par notre maillage sur le territoire y contribue. Cette prise de conscience commune se traduit notamment lors de l’organisation des assemblées générales des Caisses locales, un moment privilégié pour les sociétaires. En votant pour désigner leurs administrateurs, en étant acteurs du système de gouvernance, leur sentiment d’appartenance à la banque et l’attachement à leur territoire se renforcent. La Carte sociétaire, déployée dans l’ensemble des Caisses régionales, permet, par sa simple utilisation – la même qu'une carte bancaire ordinaire –, d’alimenter un fonds mutualiste utilisé pour accompagner des projets sur les territoires : le sociétaire contribue ainsi à une action utile. En même temps, il bénéficie d’un certain nombre d’avantages qui lui sont réservés (tarifs préférentiels, etc.). L’épargne du Livret sociétaire, sur laquelle s'appuient les crédits, participe elle aussi au développement du territoire.

En tant que président de l’EACB, quel regard portez-vous sur le sociétariat ?

Cela dépasse le cadre européen, notre action n’est pas isolée. Nous recevons beaucoup de sollicitations d’autres pays intéressés par notre modèle de gouvernance, de plus en en plus affûté dans la défense du statut coopératif. Conséquence à mon sens de nombreuses désillusions vis-à-vis du système capitaliste en général, les gens veulent aujourd’hui avoir un regard et une maîtrise de ce qui se passe dans les institutions et les grands groupes, notamment bancaires. Dans ce contexte, le Crédit Agricole a un rôle particulier à jouer : avec quelque 7,5 millions de sociétaires – 10 millions à l’horizon 2015 –, nous serons la plus grande banque coopérative mondiale au niveau bancaire. Un argument de taille, qui légitime davantage notre démarche. Notre discours a une portée beaucoup plus forte, tant en France qu’à l’international. À nous de faire entendre notre voix et celle de nos sociétaires, pour marquer les esprits ! 

Au travers de reportages vidéo, d'articles, de brèves, de dossiers, le site creditagricole.info valorise les actions et les initiatives des 39 Caisses régionales du Crédit Agricole partout en France.
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